Le Quotidien : Mercredi 03 Mars 2010
Après Xynthia qui vient de frapper de plein fouet l’Hexagone voisin, faisant des morts, des disparus, des centaines de sans abri et des dégâts matériels énormes, les Tunisiens se posent des questions.
La Tunisie est-elle vraiment à l’abri des catastrophes naturelles qui touchent aujourd’hui, non pas les seulement les pays lointains, mais bel et bien nos voisins ?
Jamel Bouraoui, responsable des services météorologiques est rassurant. A preuve : «Les tempêtes sont variées et ne se ressemblent pas. Il y a les cyclones qui se produisent sur les océans entre le 30ème parallèle nord et le 30ème parallèle sud. C'est-à-dire dans les régions tropicales. Sur ces océans se produisent des tempêtes qui se déplacent lentement vers les régions continentales comme le Golfe du Mexique, l’Océan pacifique et les côtes asiatiques. La fréquence est d’environ 10 par an. Mais la puissance s’affaiblit au contact des terres. Il y a ensuite les tornades qui se produisent sur le continent ou les trombes celles qui se produisent en mer. Ils se produisent surtout aux USA et à un degré moindre en Europe». Que font les services de météorologie quand il y a danger ? Comment alertent-ils la population ? Réponse de l’expert : «nous lançons des communiqués. Actuellement, on est en train de préparer une carte de vigilance comme celle de météo France. Elle sera prête très prochainement».
Yadh Zahar, universitaire docteur et ingénieur en Hydrologie a cerné le sujet autrement : «Il n’y a pas de zéro risque, ce qui est probable ce sont les inondations et les sécheresses. Mais les cyclones sont un phénomène rare chez nous. En 2004, nous avons eu une petite tornade à Kelibia mais nous n’avons pas enregistré de grandes tornades. Pour les tempêtes littorales, il y a en revanche risque en Tunisie. Car on a 1300 kilomètres de cotes et 70% de la population qui vit sur le littoral. Plusieurs villes côtières sont exposées au danger. Nous citons notamment Raf Raf, La Goulette, La Marsa, Sousse, Monastir, Mahdia…mais la ville de Hammam-Lif reste une zone à haut risque». |